12 mars 2012

La Chasse à courre, une tradition ancestrale...


La chasse à courre à cor et à cri ou encore la vènerie est pratiquée en France depuis la nuit des temps. Les Gaulois déjà chassaient avec des chiens courants. C'est au temps des rois de France, avec Louis XIV, Louis XV, François 1er notamment, que cette tradition ancestrale a pris un essor considérable. Elle s'est ensuite démocratisée à partir de la Révolution française, et après la Première Guerre mondiale où de nombreux équipages ont été décimés.

Autrefois, les veneurs chassaient le loup... Aujourd'hui 420 équipages dans 70 départements en France, chassent le lièvre, le lapin, le chevreuil, le renard, le sanglier, le cerf... Ils portent des habits traditionnels: culotte, chemise et cravate blanche, gilet et redingote à parements, aux couleurs de l'Equipage, et le fameux "bouton", qui est aussi le nom de référence de ses membres. La chasse se déroule suivant le modèle ancestral, utilisant pour seuls moyens de communication, des instruments de musique: les trompes de chasse, qui sonnent des fanfares de circonstances (la vue, le changement de forêt, le bât-l'eau, l'hallali, la curée...) et la pibole.

Aujourd'hui on chasse à cheval dans les forêts domaniales, mais aussi à pied, à vélo ou en voiture, selon les possibilités de chacun.

Très décriée par les zoophiles et une grande partie de la population moderne citadine, la vènerie a fait l'objet de plusieurs propositions de loi pour qu'elle soit abolie, comme elle l'a été aux Pays-Bas, en Allemagne, et en 2005, en Grande-Bretagne, où elle avait une place considérable.

Les détracteurs voient en la vènerie une pratique d'un autre âge, cruelle envers les animaux. Les Veneurs évoquent, eux, leur passion de la nature, et surtout des chiens. Car ce sont les chiens qui chassent...

Dans la forêt, se déroule un bras de fer entre ces chiens courants -des Anglo-Français noir et blanc, des Anglo-Français tricolores ou des Fox Hounds- et un seul animal sauvage, le même du début à la fin de chasse ; lequel se livre à des ruses sophistiquées pour leur échapper. Les chasses se soldent parfois par la prise d'un animal. Très souvent, l'animal de la forêt sort vainqueur.

Sans forcément adhérer à cette pratique (défenseurs de la nature et végétariens que nous sommes?!), tenter de comprendre la vènerie, c'est d'abord accepter d'entrevoir une approche autre de la nature, et de la mort, des contradictions qui existent.

La nature est belle, mais n'est-elle aussi pas cruelle ? La mort, sujet si tabou, n'est-elle pas liée à l'acte de vivre ?

Pour en savoir un peu plus sur la chasse à courre, écoutez le reportage diffusé sur RFI dans l'émission Si loin si proche.

Lien internet : http://www.rfi.fr/emission/20120310-chasse-courre

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